Derniers sujets
» Le Grand Jeu
par Sebos Ven 13 Oct 2017, 10:45

» Salon du Jeu Ploermel
par Sebos Ven 13 Oct 2017, 10:21

» Présentation
par Misteuraix Ven 06 Oct 2017, 06:36

» Alkemy the game : reprise, nouveautés, offres et plus encore…
par nicoleblond Sam 30 Sep 2017, 21:41

» Le Grand Jeu : bravo et merci
par Kadacarolu Mer 27 Sep 2017, 16:40

» [Peinture][modélisme][blog] L'atelier du Golem
par le Golem qui rêve Mer 13 Sep 2017, 17:51

» [Lecture] Les itérations d'une démone sur Twitter
par Un homme Sam 26 Aoû 2017, 16:15

» Warhammer : Age of Sigmar
par le Golem qui rêve Dim 30 Juil 2017, 22:46

Pendant ce temps-là, dans le salon du Golem...
Octobre 2017
DimLunMarMerJeuVenSam
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    

Calendrier Calendrier

Partenaires
Ludik Bazar Jack Games CMB
Liens
Règles Donjons et Dragons Jamendo DeviantArt Magic Corporation OverClocked Remixes Cool Mini Or Not Anima Tactics Forum Abandonware France RapideJDR

Histoire d'un ado malade sans aucun intérêt.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Histoire d'un ado malade sans aucun intérêt.

Message par Rhea le Mer 08 Avr 2009, 19:51

Mardi 7, j'ai fait ma JAPD.
Dit comme ça, on croirait que c'est une journée ayant compté pour moi ; une journée importante. Eh bien, rien n'est plus faux. En fait, dès le début, ça a mal commencé : j'étais à Rennes, et convié à Vannes pour huit heures trente. S'il n'y avait eu que ça, pas grave. Je sais m'adapter un tant soit peu. Mais j'avais une otite, une du genre qui fait mal, vous voyez ? Une du genre qui refuse que vous pensiez à autre chose pendant tout le temps qu'elle vous emmerde. En disant cela, j'exagère un peu, car un médecin bienveillant m'avait prescrit un antidouleur au nom barbare de Nureflex, qui m'avait fait beaucoup de bien. Somme toute, je n'avais pas mal, mais j'étais sourd. Pas vraiment sourd, c'est une façon de parler, simplement dur de la feuille. En fait, c'est pas vraiment que j'entendais mal, mais j'avais la sensation d'avoir de la ouate dans l'oreille et un sifflement désagréable s'était fait locataire de mes esgourdes endolories. Il faut ajouter que j'avais depuis le jour précédent -ou bien était-ce le jour qui le précédait ?- l'illusion d'entendre une musique africaine en fond sonore. Quand le silence se faisait autour de moi, j'arrivais à percevoir au-delà du sifflement le bruit des tams-tams et des balafons.
Le car qui partait de Rennes pour aller à Vannes avant huit heures trente devait partir à six heures vingt-et-un, pour arriver à sept heures quarante. (oui, je fais exprès d'écrire les nombres en toutes lettres) Ma douce et tendre mère me réveilla donc à cinq heures du matin, car même si nous étions proche de la gare il allait falloir nous sustenter et nous préparer, ce qui peut prendre un certain temps lorsqu'on est mal réveillé. Moi, j'étais très bien réveillé. Euphorique, même. Le médicament, pris avec un doliprane parce que j'avais assez mal à la tête, avait un effet certain. J'avais du mal à me concentrer et une sensation cotonneuse m'électrisait le poil au moment de sortir. Il faisait encore nuit et froid dans les rues vides, et cet air glacé qui me brûlait les alvéoles pulmonaires eut l'effet de me calmer un peu. Nous arrivâmes à la gare vers six heures, et j'y achetai un croissant malgré les prix dissuasifs.
Le train m'avala sans rencontrer la moindre résistance et partit à l'heure dite. Je tournais mon regard vers la fenêtre à travers laquelle un reflet m'empêchait de voir quoi que ce soit, et me dis avec une franche indifférence que je n'avais pas pris le train souvent dans mon existence et que, comme je l'avais prévu, le faible roulis m'autorisait à lire, là où l'inconfort de la voiture me l'interdit. Sans blague. Je vomis à chaque fois que j'essaie. Je tirai alors de mon petit sac jaune le livre que j'avais commencé le soir précédent : un bouquin d'une certaine notoriété, intitulé la peste, et je m'y plongeai. Le voyage était censé durer une heure et vingt minutes, mais en réalité, le temps n'est pas si linéaire, et la lecture -preuve que le livre était bon- écourta considérablement la translation. Mon absorption était telle que je ne m'en extirpai que deux fois : au début, quand la fatigue m'arracha quelques larmes et un peu après, au moment de montrer mon billet au contrôleur. Détail probablement pas intéressant : je fus surpris de constater après le passage du contrôleur que le reflet de la vitre avait disparu, et que je voyais à présent l'extérieur. Le jour s'était levé, tout simplement.
Je me souviens m'être dit en entrant dans le wagon que peut-être un certain nombre de ces jeunes gens se rendaient au même endroit que moi pour la même raison que moi, et je m'en souvins aussi au moment de sortir. Un des passagers était un garçon blond à peine plus âgé que moi qui descendit à la même station. J'avais le choix entre deux adresses : l'avenue de Verdun ou la rue Mozart. La rue Mozart ne m'inspirait pas vraiment, mais c'était un nom moins laid et moins connoté que celui de Verdun. Je demandai donc à un contrôleur qui n'attendait que ça (je me suis fait la réflexion qu'il s'agissait d'un pnj) où se trouvait la rue de Mozart, et il me l'indiqua. En partant, je jetai brièvement un regard par-dessus mon épaule et vis le blond le questionner. Je me dis avec raison qu'il venait lui aussi pour sa JAPD, et que le contrôleur lui dirait sans doute de me suivre. Il me suivit pendant les vingt minutes où je marchai.
Ici, peut-être vous demandez-vous (surtout les plus séniles d'entre vous) ce qu'est une JAPD. En fait, ce sigle signifie "journée d'appel de préparation à la défense" et c'est une trace résiduelle du service militaire. Une journée au cours de laquelle les militaires nous ont à disposition pour nous travailler au corps et nous dispenser leur propagande insipide. Après avoir un peu marché dans la cité froide et hostile en ce brumeux matin, j'aperçus les premiers insectes kakis qui fourmillaient autour de la ruche. La rue Mozart et l'avenue de Verdun étaient en fait les deux côtés d'une même allée. Le blond me suivait toujours, et j'entrai par l'entrée où le sigle JAPD avait été scotché, du côté Mozart. Enfin, quand je dis que le sigle avait été scotché... C'est bien entendu une feuille blanche qui tenait à l'aide d'une bande de Chatterton, sur laquelle on avait imprimé le sigle. "Ta salle c'est trois et ton numéro c'est quatorze" me dit une fourmi de vingt ans tout au plus en appuyant la première syllabe de "quatorze" d'une intonation quelque peu violente, mais l'uniforme lui donnait une assurance que ce milieu inconnu m'ôtait.
Nous étions une dizaine à avoir vingt-cinq minutes d'avance. On nous amena dans une salle où quelques briques de jus de fruits et des croissants nous attendaient, et on nous intima de nous servir. L'un d'entre nous prit un verre de jus d'orange, et je me saisis de la première brique en espérant que les autres suivraient. Je remplis mon gobelet et notai que le hasard avait bien fait les choses, puisque c'était une brique de jus d'ananas, et que j'aime le jus d'ananas. Je m'assis ensuite sur une des chaises qui tapissaient le mur du fond et sortis de mon sac jaune sous les regards étranges de mes collègues ma boîte de Nureflex et un antibiotique dont je ne me souviens plus le nom. À prendre matin et soir, à chaque repas. La salle continua de se remplir pendant une demi-heure et les pensées qui me heurtent toujours quand je suis isolé en compagnie de mes semblables se mirent à me manger le cerveau. Tiens, un groupe se forme. Ils se connaissent ? Celui-là a les cheveux longs. Il ne gonflera pas leurs rangs. Pourquoi y a-t-il moins de filles que de garçons ? Celui-là a un regard très dur. Il en est presque effrayant. Lui, il a des arcades d'homme de Néandertal. Il doit être très stupide. Elle est belle, elle. Étrangement, le nombre de personnes ne m'effrayait pas comme le font habituellement les groupes, pour la bonne et simple raison qu'il ne s'agissait pas d'un groupe. Le regard étranger est dur à supporter quand il vient de plusieurs personnes, mais lorsque ces personnes sont seules, il perd toute force et la pensée que mon regard était aussi fort que le leur me réconfortait. Personne ne se servait. Seul un militaire à la voix grave vint se servir un café (oui, il y avait aussi du café) et nous dit avec un sourire de faire comme lui. J'essayais de reconnaître quelqu'un sans succès. Ils m'étaient tous étrangers.

Je dois m'en aller. Finirai plus tard. Vous n'avez pas fini de vous emmerder.


Dernière édition par Diarrhée le Lun 29 Juin 2009, 15:34, édité 1 fois

_________________
Lizzie Borden took an axe,
and gave her mother forty whacks.
And when she saw what she had done,
she gave her father forty-one.
- Comptine -

-------------------------
J'aurais bien envie d'avoir un briquet et une bombe aérosol sous la main juste pour dissiper à coups de lance-flammes improvisé la foule qui défile à côté de nous.
Et si on me pose la question, je réponds que je fais ça par envie.
Si on essaye de m'arrêter, je les traite de fachos.

-------------------------
Et je suis en prison pour un crime que je n'ai pas commis... Tentative de meurtre... Est-ce qu'on obtient un prix nobel de physique parce qu'on a presque fait une découverte ?
- Inconnu -
avatar
Rhea
Emmerdeur de service
Emmerdeur de service

Nombre de messages : 1281
Age : 25
Score : 5053
Date d'inscription : 07/02/2008

Feuille de personnage
Nom, Prénom:
Sexe:
Carrière actuelle:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Histoire d'un ado malade sans aucun intérêt.

Message par ReluR le Mer 08 Avr 2009, 20:32

ooo une journe d'appel a la fuit ... c'est bien sa on vous prepar a courir Very Happy ... c'est vrai que si j'avais un tank j'y ferai metre une boite de vitess specialment construit avec les vitess de march arrier construit en france ... rien de plus rapid que la march arrier francaise Smile ... c'est vrai que je menui un peu ... continue d'ecrir ce bo recit que je menui un peu moins Razz
avatar
ReluR
Expert
Expert

Nombre de messages : 150
Age : 28
Localisation : Dans un Royaume Magique et interesant ... (Royaume Uni .... )
Figurines : Warhammer Battle.
Warhammer 40k.
Anima Tactics.
JdR PJ : Shadowrun.
JdR MJ : Call of Cthulhu; World of Darkness; Mutants and Masterminds; Starship Troopers; Anima Beyond Fantasy; Rogue trader.
Score : 3733
Date d'inscription : 02/02/2008

Feuille de personnage
Nom, Prénom:
Sexe:
Carrière actuelle:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Histoire d'un ado malade sans aucun intérêt.

Message par Rhea le Sam 11 Avr 2009, 17:22

Peu après, ils nous répartirent laborieusement dans des salles blanches. Comme on me l'avait dit, j'entrai dans la salle numéro trois pour aller m'asseoir à la quatorzième table, en repensant à l'insistance nécessaire de la première syllabe. Le silence se fit et les africains se remirent à jouer du tambour. Je regardais les autres alors qu'un officier tout recouvert de médaillons métalliques partiellement aurifères parlait avec des mots immenses dont je saisissait une bonne moitié tout de même, sous le bruit que générait mon oreille gauche. Ce type, à côté de moi, j'étais sûr de l'avoir déjà vu quelque part. Le militaire parlait de démocratie, de devoir, de France, de grandeur et de drapeaux flottants. Toujours préférer glisser sa peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence, pensais-je sournoisement. Sur le mur, entre les drapeaux tricolores, justement, il y avait une affiche sur laquelle un soldat probablement très séduisant mais au visage d'une rare dureté suait toute l'eau de son corps pour illustrer cette phrase "en plus d'apprendre un métier, vous apprendrez beaucoup sur vous-même." Je me pris à penser qu'après tout, beaucoup de militaires sont du côté du peuple et ne défendent rien moins qu'un idéal démocratique, ce qui conduit à penser qu'il est injuste de leur faire porter la responsabilité de tous les maux. D'ailleurs, les maux n'ont jamais réellement de responsables. Enfin, si. Ce que je voulais dire, c'est qu'il ne faut pas se décharger sur une frange de la population entière de nos erreurs ni, de manière générale, créer des parias et des boucs émissaires.
Après deux heures de bourrage de crâne intensif où, à la fin, l'envie de pisser m'empêchait d'écouter quoi que ce soit avec attention, nous fîmes une pause de cinq minutes pour soulager nos vessies et compresser les données pour faire de la place à la suite. Dehors, les larges grilles veillaient sur nous. Protéger ? C'est un mot qu'on voulait me faire associer à l'armée, mais l'armée restait pour moi associée à des images que rien ne rapprochait de la protection. Après la pause, je retournai m'asseoir à ma place, en me disant que c'était le travail d'un militaire. S'asseoir à sa place.
Nous eûmes un petit test de français ayant pour finalité de détecter ceux qui avaient d'importantes lacunes et de leur proposer une remise à niveau. Une mouche se posa sur ma table, et repartit à cause d'un imperceptible mouvement de ma main. Je la suivis des yeux, sans penser à la douleur qui se rappelait à mon oreille, et tournai la tête vers la gauche. L'insecte heurta la fenêtre et disparut. Le sifflement aigu était à présent entièrement revenu, couplé à un étrange bruit de fond, comme un frottement, et le résultat ressemblait au bruit émis par un téléviseur recevant une chaîne codée. En tout cas, plus rien ne me permettait de localiser la mouche au bruit de ses élytres. Mais peut-on parler d'élytres pour une mouche ? me dis-je alors. Pas sûr. En tous cas, celui qui était assis à côté de moi m'était connu sans aucun doute, même si je ne parvenais toujours pas à mettre un nom ou un lieu sur son visage. Si je m'en réfère aux sentiments que sa vue m'infligeait, je dirais que j'avais dû le connaître en troisième, quand j'étais encore à Marie-Immaculée, ce petit collège que je n'étais pas parvenu à mépriser pleinement, du fait même de son humilité.

_________________
Lizzie Borden took an axe,
and gave her mother forty whacks.
And when she saw what she had done,
she gave her father forty-one.
- Comptine -

-------------------------
J'aurais bien envie d'avoir un briquet et une bombe aérosol sous la main juste pour dissiper à coups de lance-flammes improvisé la foule qui défile à côté de nous.
Et si on me pose la question, je réponds que je fais ça par envie.
Si on essaye de m'arrêter, je les traite de fachos.

-------------------------
Et je suis en prison pour un crime que je n'ai pas commis... Tentative de meurtre... Est-ce qu'on obtient un prix nobel de physique parce qu'on a presque fait une découverte ?
- Inconnu -
avatar
Rhea
Emmerdeur de service
Emmerdeur de service

Nombre de messages : 1281
Age : 25
Score : 5053
Date d'inscription : 07/02/2008

Feuille de personnage
Nom, Prénom:
Sexe:
Carrière actuelle:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Histoire d'un ado malade sans aucun intérêt.

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum